Le 8 mars prochain sera la journée internationale des droits de la Femme , journée mondiale déclarée par l’ONU. A cet occasion, nous donnons la parole à trois de nos adhérentes et sympathisantes de la section de Béziers pour exprimer leur vision des droits des femmes aujourd’hui. Nous débutons cette série d’articles avec :Quel est le sens de la journée internationale pour les droits des femmes en 2025 ? C’est ce que notre adhérente de la section de Béziers, Michèle, a souhaité nous rappeler.
Cette journée trouve ses origines, au début du XXème siècle en Europe et aux Etats-Unis, dans l’histoire des luttes ouvrières et manifestations de femmes réclamant l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote.
C’est en 1977 que l’ONU a officialisé la Journée internationale des droits des Femmes le 8 MARS.
Pourquoi le 8 mars ? Cette date est liée au 8 mars 1917, journée de grève générale et de manifestation des ouvrières russes de Saint Pétersbourg qui marque le début de la révolution russe.
Pourquoi dit-on « JOURNEE pour les DROITS des FEMMES » ?
C’est une journée pour faire le point de la lutte pour l’égalité entre Femmes et Hommes, pour rappeler que la transmission de la valeur d’égalité entre filles et garçons, entre femmes et hommes se fait dès l’école primaire. C’est une journée de lutte plutôt qu’une journée de « fête » en l’honneur des femmes, facilement alors détournée à des fins commerciales.
La question que je me pose ? La date du 8 mars a-t-elle encore une signification pour TOUTES les femmes et les filles ?
Pourquoi cette JOURNEE est-elle importante à mes yeux ?
* Sensibilisation aux inégalités persistantes (violences conjugales et sexuelles, mutilations génitales, accès à l’éducation, écart de revenus, représentation politique …..)
* Mise en évidence des lacunes et parfois de la régression dans notre société
*Cette Journée est très souvent animée aujourd’hui par des associations de défense des femmes et des filles. Mais demain, la jeunesse aura-t-elle la même attitude, les réseaux sociaux auront-ils eu raison de la Journée internationale des droits des femmes ? ?
* Que demande la femme aujourd’hui dans ses droits ? Une égalité des sexes, pas une supériorité, un respect de son corps, un respect de ses droits.
Spécialement pour cette Journée du 8 mars 2025, L’ONU a retenu le thème :
« Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ».Qu’est-ce que l’AUTONOMISATION des FEMMES et des FILLES ?
C’est le processus visant à aboutir à l’émancipation des femmes de l’influence des hommes sur elles, à leur permettre de prendre davantage confiance en elles, à accroître leur autonomie en matière de prise de décisions, à pouvoir agir sur leur propre sécurité et celle de leur famille.
L’autonomisation des femmes leur coûte plus cher qu’aux hommes, car elles sont toujours sous un régime patriarcal.
L’ONU dit « leurs droits sont bafoués dés qu’elles sont filles ». Dès la petite enfance, les filles doivent prouver qu’elles peuvent faire mieux que les garçons, d’où l’importance de l’éducation scolaire. Les droits des filles seront complets le jour où elles auront TOUTES accès à l’éducation scolaire (Afghanistan, pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, pays d’Asie ….) .
Il existe de grandes différences entre la femme privée d’éducation, de liberté, d’opinion et celle qui a eu l’éducation et la liberté de pensée.
Lors de nos interventions scolaires de la LDH Béziers dans les collèges, parfois une jeune fille demande à quoi sert la scolarité, l’apprentissage de telle matière ? A nous de leur expliquer le but de l’éducation à l’école, le rôle des professeurs, la nécessité pour tous et pour elles d’apprendre.
L’Année 2025 marque le trentième anniversaire de la DECLARATION et du PROGRAMME d’ACTION de BEIJING de l’ONU sur le droit des femmes.
TRENTE ANS après cette Déclaration, où en sommes-nous mondialement ?
Quelques exemples :
– Quand on découvre un cas de violence conjugale, c’est la femme battue que l’on fait sortir du foyer, non pas le mari que l’on éloigne (comme c’est le cas en Espagne). – Les mariages forcés : Radha Rani, jeune bangladaise, 14 ans, a osé dire NON à un mariage forcé. Elle a fait des études en sciences sociales pour pouvoir aider les filles à refuser ces mariages. De nombreux problèmes touchent les femmes et les filles : violences conjugales et agressions sexuelles, mariages forcés pour de très jeunes filles,
– Travail, souvent temps partiel pour concilier travail et vie familiale (inégalité de salaires), charge du travail domestique non rémunéré. Les femmes sont au cœur de l’équilibre familial, elles ont un rôle essentiel en matière de développement, d’éducation, de santé.
– Problème des jeunes filles non scolarisées, sans la liberté d’étudier, de pensée.
DROITS SEXUELS et REPRODUCTIFS
La reconnaissance universelle des droits sexuels et reproductifs des femmes conditionne la reconnaissance de tous les autres droits
Empêcher les femmes de choisir le moment de leur maternité est le meilleur moyen de faire perdurer les inégalités économiques et sociales : l’enfermement dans la cellule domestique, les écarts de salaire, la précarité économique, la difficulté d’accès aux responsabilités professionnelles et politiques alors qu’elles sont les piliers de la société.
Mais face à la résurgence des idéologies réactionnaires, à la montée des extrémismes religieux, aucun pays n’est épargné par cette vague conservatrice qui menace une régression des droits conquis, de haute lutte, par les femmes.
Lorsque les droits des femmes ne progressent pas, ils finissent toujours par reculer.
Michèle, section de Béziers
(…à suivre un prochain article sur la journée du 8 mars)