« Pan sur les fesses » c’est par cette expression que le maire de Béziers, Robert Ménard, avait titré sur son nouveau journal mural placardé en ville en décembre dernier, à l’attention de la LDH suite au jugement en référé du Tribunal administratif de Montpellier qui ne reconnaissait pas le « caractère d’urgence »de la procédure contre la présence d’une crèche de la Nativité dans la cour de l’Hôtel de ville. Bien évidemment, le maire n’expliquait pas à ses concitoyens qu’il s’agissait d’un référé d’urgence et non une décision sur le fond, clamant ainsi que la justice avait autorisé la présence de la crèche !
C’est bien méconnaitre le droit et la loi, le 18 février dernier se tenait cette fois une audience sur le fond au tribunal, et la mairie de Béziers, comme celle de Perpignan, ont été condamnées. Suivant l’avis du ministère public, le tribunal a rappelé l’article 28 de la loi de 1905 sur la laïcité à savoir ; …Il est interdit d’élever ou d’apposer aucun signe religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que se soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. Il a précisé d’autre part :…il ressort des pièces des dossiers, notamment de l’examen des photographies de la crèche installée dans la cour d’honneur de la ville de Béziers, qu’elle met en évidence la scène de la Nativité. L’installation de cette crèche dans l’enceinte de ce bâtiment public, siège d’une collectivité publique, ne résulte d’aucun usage local et aucune circonstance particulière ne permet de lui reconnaître un caractère culturel, artistique ou festif.
L’arrêté municipal autorisant l’installation de la crèche dans la cour d’honneur a été annulé par le tribunal administratif et le maire a été condamné à 1 500 € de frais de justice au profit de la LDH.
Encore une fois, la LDH ne fait pas un combat contre les crèches, tout à fait respectables dans les lieux de culte et les lieux privés, mais exige le respect de la loi et de la laïcité dans notre pays. La LDH n’accepte pas que 4 ou 5 maires (Béziers, Perpignan, Beaucaire…) sur les 34 870 maires en France outrepassent la loi et révélant un prosélytisme exacerbé !
Enfin, comme disait Jacques Chirac, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille », ce mardi 18 février, le maire de Béziers dans l’affaire de son refus de marier un étranger a refusé la procédure du « plaidé-coupable » proposé par le procureur de la République et devrait être jugé en correctionnel.
Concernant la crèche, puisse cette 8ème (depuis 2014 !) condamnation faire réfléchir le maire de Béziers (si c’est possible ?) pour qu’il arrête ses provocations déplacées et devenues récurrentes lors de nos fêtes de fin d’année.